Voyage 2019 - Argentine

28 janvier 2019 - Buenos Aires (Argentine)

Avant l’excursion de la journée, on est allé se promener en ville à pied. On a dû traverser quelques rues un peu glauques et pas franchement glamour, avec des déchets un peu partout, des trous dans le sol, des odeurs « du terroir » et des vendeurs de n’importe quoi. L’après-midi, on a appris qu’en fait on a longé le bidonville de Buenos Aires. Le plus bizarre en Amérique du Sud, c’est qu’il peut y avoir des bâtiments ultra-modernes, des voitures flambant neuves et des personnes habillées super chic, et juste à côté des pauvres diables en guenilles qui tirent une vieille charrette en bois ou qui dorment par terre.

On a profité de notre ballade à pied pour acheter des médicaments, ma chère et tendre n’étant pas au somment de sa forme. Et là, quelle surprise… D’une part, les médicaments sont vraiment bon marché, rien à voir avec les mafiosi pharmaceutiques suisses et, d’autre part, ça doit être des doses pour éléphant. Le gars de la pharmacie a donné des petites pastilles pour le cou et en moins de deux, on a l’impression d’avoir tout le larynx complètement anesthésié, comme si on sortait du dentiste après un traitement de racine.

L’après-midi, on a eu droit à l’excursion gratuite. Nos amis français ont donc fait ce qu’ils savent faire de mieux, c’est-à-dire râler. Mais, sinon… quelle belle ville Buenos Aires ! On a d’abord visité le cimetière de la ville, le cimetière de la Recoleta, 273e dans la liste des 1000 merveilles du monde. Avec le cimetière de Milan, c’est sûrement un des plus beaux cimetières du monde. Chaque famille a érigé son mausolée, si possible plus majestueux que le mausolée des voisins, histoire de se la péter un petit coup. Les pompes funèbres sont… aux anges.

Au cimetière, il faisait vraiment très chaud (35°C à l’ombre en ville mais c’était la fournaise entre0 les mausolées en marbre). Du coup, nos copains de visite râlaient : « on devra y aller bien assez tôt au cimetière ». A ce propos, 70 personnes ont déjà dû débarquer du bateau pour raison de maladie, dont trois les pieds devant. Après le cimetière, on est passé devant le Teatro colon, théâtre hyper connu, et devant l’obélisque, 164e dans la liste des 1000 merveilles du monde, avant d’aller se promener à la Plaza de Mayo au centre de la ville, avec la Casa Rosada (c’est la maison blanche d’Argentine mais en rose) et la cathédrale de Buenos Aires. C’est là où le pape François était avant d’aller bosser au Vatican.

A la fin de la journée, on est encore allé dans le quartier de La Boca. C’est un peu le quartier des artistes et des marginaux et c’est, selon la légende, là où le tango est né. Toutes les maisons sont peintes dans toutes sortes de couleurs vives et il y a plein de petites boutiques et de vendeurs de n’importe quoi. C’est très sympa à voir.

En retournant au bateau, on est passé par des quartiers incroyables avec plein d’anciens bâtiments superbes construits avant 1930 mais plus du tout entretenus. En fait, les Argentins ont méchamment morflé avec la crise boursière de 1929 et beaucoup de monde s’est retrouvé à la rue. Mais ça devait être magnifique avant la crise. On a l’impression d’être dans des décors de films.

On en a encore perdu deux qui sont bien sortis du bateau mais qui ne sont jamais remontés. On ne sera plus beaucoup à Venise…

31 janvier 2019 - Puerto Madryn (Argentine)

Aujourd’hui, on est allé faire des mamours à la faune locale dans la péninsule de Valdès, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. D’abord, on a dû faire 200km de car dont 100km sur route non asphaltée, autrement dit 100km de piste, avant d’arriver complètement secoués dans une azienda pour le repas de midi. On a mangé la spécialité du coin, une espèce de rissole à la viande hachée d’agneau, il y avait aussi des saucisses d’agneau au chorizo et des saucisses sèches (toujours) d’agneau. C’était très bon. Après le repas, on a repris le car et la piste pour aller trouver des petits bus autochtones (on n’a pas osé demander où étaient les ceintures, ni la date de l’expertise…). On a donc pris un petit bus et on a fait encore quelques centaines de mètres de piste (en mauvais état) pour aller voir nos amis les manchots.

Bizarrement, ils n’ont pas peur de nous. Evidemment, on doit faire gaffe de bien rester sur un petit sentier pour ne pas (trop) les déranger mais on a presque envie de les caresser et de se raconter des trucs. C’était génial.

Après, on a repris notre petit bus, puis notre car avant de faire encore quelques kilomètres de piste pour aller voir cette fois les éléphants de mer. Ceux-là en revanche, on n’ose pas trop les approcher car ils sont assez susceptibles, surtout les gros mâles. En fait, il y a chaque fois un gros mâle avec quelques femelles plus petites autour, et pas mal de petits tout noirs. Il y a aussi des jeunes mâles qui traînent et qui essaient de venir tirer un petit coup mais les gros sont pas très d’accord.

C’est la période des naissances et le guide nous a expliqué que les éléphants de mer profitent de tout faire en même temps, mettre bas mais aussi s’accoupler pour la mise bas 11 mois plus tard. Les éléphantes de mer ont deux utérus pour ça, un qui est HS après la mise bas mais un autre qui est libre. Sinon, au niveau des chants nuptiaux, ils sont pas fortiches, ils font des beuglées comme des sourds, c’est la cacophonie sur la playa.

A la fin, on a refait nos 200 km de car pour retrouver le bateau. Nos amis français n’ont pas râlé, youpi.

2 février 2019 - Passage du cap Horn (Argentine)

Au souper, on est à côté d’un vieux flibustier dont le rêve était de passer une fois le cap Horn, même sur un gros bateau. On a compris que le cap Horn est aux marins ce que l’Everest est aux alpinistes, le Graal. D’ailleurs, le capitaine du bateau était complètement euphorique, il arrêtait plus de faire sonner sa corne de brume. Franchement, deux heures avant d’arriver, la mer était hyper calme, peu de vent et on s’est dit que les marins devaient se la raconter avec leur cap Horn. Eh bien, c’est fou, mais arrivés au Cap Horn, la mer était déchaînée et le vent soufflait à plus de 100 km/h. Il paraît que c’est la rencontre des eaux de et du Pacifique associé avec une profondeur de mer qui passe rapidement de 4000 mètres à 100 mètres. Bref, il y a des monstres courants chauds et froids, d’air et d’eau, et on se serait cru au milieu d’un ouragan. Pas vraiment des vacances à la mer mais chouette expérience. Notre flibustier était aussi euphorique que le capitaine mais sa femme franchement moins parce qu’elle a le mal de mer… elle a eu du mal à s’en remettre.

3/4 février 2019 - Ushuaia (Argentine)

Après le cap Horn, le vent est tombé très rapidement et on est arrivé à Ushuaia le lendemain matin. C’est évidemment la ville la plus au sud et ils font marcher le tourisme avec ça. Sinon, c’est une ville de 80'000 habitants assez normale. Ce qui est moins normal, c’est que 80% des travailleurs sont des fonctionnaires, rien d’étonnant à ce que l’Argentine soit complètement endettée (17% d’inflation en Argentine !).

On est allé visiter le parc national Terre de Feu. Il faisait 10°C quand on est parti et 23°C quand on est revenu, il paraît que c’est exceptionnel d’avoir 23°C car la température moyenne en été est de 10°C. Le parc national Terre de Feu est aussi le départ de la Trans-America, c’est la route qui va de l’Alaska à Ushuaia. C’est un très joli parc national mais finalement un peu comme en Suisse avec des lacs, des forêts et les montagnes derrière. On a aussi vu le bureau de poste le plus au sud du monde.

Ce qu’il y a de bien à Ushuaia, c’est le wifi qui fonctionne, parce que sur le bateau c’est la gabegie avec le wifi qui est payant et qui pétouille pas mal.

Le deuxième jour à Ushuaia, le matin, on est allé faire un tour en petit train. Le vrai promène-couillons dans toute sa splendeur. On a eu droit à l’histoire de Ushuaia : Au départ, Ushuaia était idéal pour y déposer les criminels dont on voulait se débarrasser. D’abord, Ushuaia est situé sur une grande île où la mer atteint max 5°C au plus chaud de l’été et ensuite il n’y a rien à manger. Donc, la majorité des évadés revenaient tout seuls, les autres finissaient congelés. D’ailleurs, la petite rivière du coin porte le nom d’un des congelés. Pour avoir quelque chose à manger, les prisonniers devaient bosser et construire leur prison. Pour ça, ils ont abattu pas mal d’arbres et pour transporter les troncs à la scierie, ils ont mis en place un petit train. Finalement, tout cela a été abandonné mais ils ont recréé ce petit train pour promener les touristes et leur raconter ces petites histoires. C’était plutôt sympa même si c’était beaucoup trop cher.

Après le petit train, on est allé sur une petite plage avant de retourner au bateau.

L’après-midi, on est allé se balader en ville avant d’aller boire une bibine dans un pub incroyable, un mélange entre un pub, un musée et un bazar. C’est notre vieux loup de mer qui nous avait donné l’adresse. En plus, il y avait le wifi et les serveurs étaient très sympas… magnifique.

On a bien aimé Ushuaia, c’est cool et plutôt calme. Evidemment, ce n’est pas la fourmilière de Buenos Aires, il n’y a personne qui dort dehors (ce ne serait pas une bonne idée d’ailleurs) et les gens sont sympas. Chose étonnante à Ushuaia, il faisait 28°C. Ils n’ont jamais vu ça paraît-il. Quelle chance on a eu.

Passage du canal de Beagle – 5 février 2019

Normalement, le principe d’une croisière est de voyager la nuit et de visiter le jour. Aujourd’hui, on est resté volontairement à quai la nuit pour voyager de jour le long du canal de Beagle. On passe au beau milieu de grandes îles avec de la neige et des glaciers un peu partout. On avait l’impression d’être sur la Grande Dixence mais en beaucoup plus grand.

Tout le monde était au taquet pour prendre des photos sur le pont, c’était rigolo, les gens étaient aux anges. D’ailleurs, globalement, même s’il y en a quelques-uns qui râlent sur tout ou qui traitent les serveurs comme des esclaves, il faut dire que la grande majorité de nos potes-passagers-retraités sont très sympas et intéressants. On profite à fond.