28 janvier 2019 - Buenos Aires (Argentine)
Avant l’excursion de la journée, on est allé se promener en ville à pied. On a dû traverser quelques rues un peu glauques et pas franchement glamour, avec des déchets un peu partout, des trous dans le sol, des odeurs « du terroir » et des vendeurs de n’importe quoi. L’après-midi, on a appris qu’en fait on a longé le bidonville de Buenos Aires. Le plus bizarre en Amérique du Sud, c’est qu’il peut y avoir des bâtiments ultra-modernes, des voitures flambant neuves et des personnes habillées super chic, et juste à côté des pauvres diables en guenilles qui tirent une vieille charrette en bois ou qui dorment par terre.On a profité de notre ballade à pied pour acheter des médicaments, ma chère et tendre n’étant pas au somment de sa forme. Et là, quelle surprise… D’une part, les médicaments sont vraiment bon marché, rien à voir avec les mafiosi pharmaceutiques suisses et, d’autre part, ça doit être des doses pour éléphant. Le gars de la pharmacie a donné des petites pastilles pour le cou et en moins de deux, on a l’impression d’avoir tout le larynx complètement anesthésié, comme si on sortait du dentiste après un traitement de racine.
On en a encore perdu deux qui sont bien sortis du bateau mais qui ne sont jamais remontés. On ne sera plus beaucoup à Venise…
31 janvier 2019 - Puerto Madryn (Argentine)
Aujourd’hui, on est allé faire des mamours à la faune locale dans la péninsule de Valdès, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. D’abord, on a dû faire 200km de car dont 100km sur route non asphaltée, autrement dit 100km de piste, avant d’arriver complètement secoués dans une azienda pour le repas de midi. On a mangé la spécialité du coin, une espèce de rissole à la viande hachée d’agneau, il y avait aussi des saucisses d’agneau au chorizo et des saucisses sèches (toujours) d’agneau. C’était très bon. Après le repas, on a repris le car et la piste pour aller trouver des petits bus autochtones (on n’a pas osé demander où étaient les ceintures, ni la date de l’expertise…). On a donc pris un petit bus et on a fait encore quelques centaines de mètres de piste (en mauvais état) pour aller voir nos amis les manchots.Bizarrement, ils n’ont pas peur de nous. Evidemment, on doit faire gaffe de bien rester sur un petit sentier pour ne pas (trop) les déranger mais on a presque envie de les caresser et de se raconter des trucs. C’était génial.
2 février 2019 - Passage du cap Horn (Argentine)
Au souper, on est à côté d’un vieux flibustier dont le rêve était de passer une fois le cap Horn, même sur un gros bateau. On a compris que le cap Horn est aux marins ce que l’Everest est aux alpinistes, le Graal. D’ailleurs, le capitaine du bateau était complètement euphorique, il arrêtait plus de faire sonner sa corne de brume. Franchement, deux heures avant d’arriver, la mer était hyper calme, peu de vent et on s’est dit que les marins devaient se la raconter avec leur cap Horn. Eh bien, c’est fou, mais arrivés au Cap Horn, la mer était déchaînée et le vent soufflait à plus de 100 km/h. Il paraît que c’est la rencontre des eaux de et du Pacifique associé avec une profondeur de mer qui passe rapidement de 4000 mètres à 100 mètres. Bref, il y a des monstres courants chauds et froids, d’air et d’eau, et on se serait cru au milieu d’un ouragan. Pas vraiment des vacances à la mer mais chouette expérience. Notre flibustier était aussi euphorique que le capitaine mais sa femme franchement moins parce qu’elle a le mal de mer… elle a eu du mal à s’en remettre.
3/4 février 2019 - Ushuaia (Argentine)
Après le cap Horn, le vent est tombé très rapidement et on est arrivé à Ushuaia le lendemain matin. C’est évidemment la ville la plus au sud et ils font marcher le tourisme avec ça. Sinon, c’est une ville de 80'000 habitants assez normale. Ce qui est moins normal, c’est que 80% des travailleurs sont des fonctionnaires, rien d’étonnant à ce que l’Argentine soit complètement endettée (17% d’inflation en Argentine !).
Le deuxième jour à Ushuaia, le matin, on est allé faire un tour en petit train. Le vrai promène-couillons dans toute sa splendeur. On a eu droit à l’histoire de Ushuaia : Au départ, Ushuaia était idéal pour y déposer les criminels dont on voulait se débarrasser. D’abord, Ushuaia est situé sur une grande île où la mer atteint max 5°C au plus chaud de l’été et ensuite il n’y a rien à manger. Donc, la majorité des évadés revenaient tout seuls, les autres finissaient congelés. D’ailleurs, la petite rivière du coin porte le nom d’un des congelés. Pour avoir quelque chose à manger, les prisonniers devaient bosser et construire leur prison. Pour ça, ils ont abattu pas mal d’arbres et pour transporter les troncs à la scierie, ils ont mis en place un petit train. Finalement, tout cela a été abandonné mais ils ont recréé ce petit train pour promener les touristes et leur raconter ces petites histoires. C’était plutôt sympa même si c’était beaucoup trop cher.
Passage du canal de Beagle – 5 février 2019
Normalement, le principe d’une croisière est de voyager la nuit et de visiter le jour. Aujourd’hui, on est resté volontairement à quai la nuit pour voyager de jour le long du canal de Beagle. On passe au beau milieu de grandes îles avec de la neige et des glaciers un peu partout. On avait l’impression d’être sur la Grande Dixence mais en beaucoup plus grand.